16 avril 2005

Traité constitutionnel - Bis repetita

Ca va faire doublon mais l'échéance approchant, il me paraît utile de remonter ça. Voici donc une recopie de mon billet du 16 mars dernier :

Je compte voter NON au référendum du 29 mai prochain parce que

- la constitution, signée par les 25, ne pourra être modifiée qu'à l'unanimité et je laisse imaginer le bordel.

- les ultra libéraux auront la garantie et la sanctuarisation des principes qu'ils défendent

- compte tenu de la réaffirmation de l'indépendance de la banque centrale européenne, qui ne peut            "solliciter ni accepter des instructions " des Etats, l'Europe deviendra le seul et unique pays au monde et dans l'histoire où l'indépendance absolue d'une Banque Centrale aura été constitutionnalisée dans     un cadre définitif d'une politique prédéterminée que les citoyens ne pourront même plus orienter. Et je ne veux pas d'une politique monétaire hors du contrôle des citoyens et même des Etats.


- la Charte des droits fondamentaux, reprise dans la partie II du projet, n'aura pas de valeur contraignante et sur certains points, elle se situera même en deçà de la législation internationale : ainsi le revenu minimum ou le droit au logement ne sont-ils pas reconnus, alors qu'ils le sont dans la Déclaration universelle de 1948.

- elle érigera en "objectif de l'Union" (article I-3-2) "un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée" et en disposant dans son article III-148 que "les Etats membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne ... . La Commission adresse aux Etats membres intéressés des recommandations à cet effet". C'est marrant de constater à quel point la directive de notre ami Bolkenstein s'insère admirablement.

- La politique sociale est subordonnée à « la nécessité de maintenir la compétitivité de l'économie de l'Union » (III-209) et doit éviter « d'imposer des contraintes administratives, financières et juridiques » aux PME (III-210-2-b).

- le droit de vote et l'éligibilité aux élections municipales ne seront accordés qu'aux citoyens de l'Union, alors que la citoyenneté - à ne pas confondre avec la nationalité - devrait être accordée à tous les résidents, sous condition de résidence pendant un certain temps.

- la politique agricole commune restera productiviste, alors qu'elle a largement démontré sa capacité de nuisance non seulement sur le plan environnemental, mais aussi en ce qui concerne l'exode rural, le chômage des paysans et l'écrasement des agricultures non européennes.

- ce projet de constitution ne mentionnera pas le droit des femmes à disposer de leur corps et donc du droit à l'avortement

- c'est un texte trop long, trop détaillé, trop complexe, qui écarte la majorité des citoyens d'une compréhension immédiate (une partie principale de 341 pages comportant 448 articles, 36 protocoles et 2 annexes, 48 déclarations qui font 97 pages)

- La politique militaire de l'Union serait soumise à l'OTAN et donc aux Etats-Unis. De plus, il est demandé un renforcement des efforts relatifs à l'armement de l'union. Pour reprendre une phrase célèbre, Ich bin peut être ein berliner mais sûrement pas un suppôt de Bush.

- La laïcité est ignorée ou contournée. A contrario, les religions sont reconnues et leurs principes sont reconnus voire encouragés

- Les services publics ne sont pas reconnus et seront soumis à la concurrence

- Au final, le traité constitutionnel européen n'a même pas conservé la partie du préambule du traité de Rome qui fixait « pour but essentiel » à la construction européenne, « l'amélioration constante des conditions de vie et d'emploi des peuples ».

En conclusion, on oublie le social. Totalement, complètement !
Dans la réalité, avec le texte actuel, tout ce qui sert le marché et les profits sera renforcé, tout ce qui sera considéré comme "une entrave au marché" et à la "concurrence libre et non faussée" sera rejeté grâce à la possibilité de faire jouer le veto d'un seul Etat membre. Je refuse d'être le rouage mal huilé d'un mécanisme économique de merde érigé en principe d'organisation de notre société!

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14 avril 2005

european show

Zap ! TF1 ! Le show pour l'europe !

Questions annonées ! Réponses convenues et diabolisantes !

Nous allons revenir au moyen âge si vous votez non, voyons !
Pensez à la place de la France en Europe, votez oui !

Ben oui mais me resservir le même plat qu'en 92 - époque Maastricht - ça ne m'intéresse pas.
Aucun argumentaire valable pour le oui.

- Europe sociale avec cette constitution ? Elle ne peut pas !
- Politique intérieure indépendante ? euh...
- Pas d'ultra-libéralisme galopant ? Vous plaisantez ?

Sans cesse sur l'ouvrage remettre son métier. Ca sera NON !
Ca nous laissera peut être une chance de construire quelque chose de bien, tous ensembles et surtout pour le bien de tous.

Posté par farf à 21:30 - politique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2005

Sainteté ?

Je comptais faire un billet bilan sur jipi two et je suis tombé par hasard sur un commentaire rassemblant tout ce que m'apprêtais à écrire sur le sujet. Après accord de l'auteur pour recopie, voici le texte. Zinato président :-)

"les catholiques reconnaissent les saints!" ??

JP2 un saint?!! laissez moi rire... surtout quand j'entend dire qu'il nous a laissé un message de paix ::
Il y a des messages qui sont passés, comme le travail fait auprès des catholiques des pays de l'ex-blocs de l'Est pour ébranler les régimes totalitaires.

Il y a des messages clairs qui sont tombés dans l'oreille de sourds, comme les appels à la paix, curieusement détournés par des curés croates qui galvanisaient leurs troupes pour casser du musulman, et plus tard par les "oeuvres caritatives" qui ont détourné une part non négligeable de l'aide à la reconstruction de la Bosnie pour reconstruire en priorité les églises, pour en construire de nouvelles sur les ruines d'églises orthodoxes ou de mosquées, mais en oubliant de réparer les fenêtres des maisons à l'approche de l'hiver.

Les histoires de latex, c'est pas marginal quand même, mais c'est un manque total de réalisme. Dans la continuité de la position vis-à-vis de la pilule. En Argentine, lors d'une escale en 1982, pas question d'utiliser la pilule, encore moins un préservatif, la plupart des filles ne consentaient qu'après passage devant un curé local pour quelques formalités administratives. Bilan : un taux d'avortement absolument incroyable, et bien sûr dans la plus totale clandestinité et sans le moindre soutien psychologique.

On retrouve des chiffres similaires au Chili. Si ce sont aussi les deux pays qui ont le plus fort pourcentage de catholiques, c'est pas un hasard. Le mieux est l'ennemi du bien.

Vint se greffer à cette situation l'épidémie de SIDA, et surtout les premières populations à risques découvertes et ce qu'elles peuvent avoir d'immoral pour des esprits bien pensants...

Autre exemple d'intervention malheureuse, toujours en Argentine, début 1981. Le président pense résoudre la crise économique par une guerre contre l'ennemi de toujours... le Chili. Là, entre les deux pays les plus catholiques au Monde, JP2 intervient. Pas d'accord pour cette guerre-là. L'opinion s'incline, et on rentre dans le lard des Anglais aux Falklands, avant de prendre un solide coup de pied au cul, qui n'arrangera bien sur rien à la crise économique, mais sonnera - heureusement - le glas d'une dictature militaire devenue peu crédible. Question, pourquoi le Vatican n'a-t-il rien fait contre cette guerre-là ?

Concernant le sida et le message du pape sur le non usage du préservatif :: Il y un problème de renouvellement de la population dans la riche Europe occidentale : moins de 2 enfants par couple, marié ou non, et des masses de joyeux célibataires qui sèment à tout vent sans ambition de récolter, c'est courir au suicide de notre civilisation : au choix, 2/3 de vieillards à charge d'une sécu financée par un nombre réduit de personnes en âge de travailler, soit un recours massif à l'importation de "travailleurs"noirs, arabes et jaunes... ce qui est encore plus impensable.

Comme cette deuxième solution ne plaît pas à une frange influente de la population, il faut par tous les moyens pousser les Européens A.O.C. à se reproduire, et donc interdire tout ce qui s'y oppose : la pilule, le latex et l'IVG. Pas question donc de promouvoir des enfants souhaités, bien accueillis, bien dans leur peau, il faut la quantité, pour garantir notre confort de petits vieux...

Soit. L'intention n'est pas mauvaise, mais... le message, diffusé sans ménagement à d'autres civilisations aux problèmes fort différents, c'est une bombe. Le plus pervers, c'est précisément que l'arme a un double tranchant... on commence par appauvrir les populations en multipliant les bouches à nourrir, d'autre part on laisse la pandémie régler le problème...

JP2 n'explique pas tout tout seul, ni en Afrique ni en Asie.
Le seul continent largement sous contrôle de Rome est l'Amérique du Sud.

En Afrique, l'Islam domine au-dessus de l'Equateur, l'église catholique en dessous. Encore que... au Sénégal, il y avait une tendance à la conversion massive des mâles. Motif, l'Islam autorise la polygamie, mais pas l'alcool. Comme les femmes sénégalaises apprécient de moins en moins la polygamie, autant pour eux pouvoir picoler !

Remarquons quand même que les statistiques du SIDA sont encore plus alarmantes dans les pays africains au sud de l'Equateur, où précisément la polygamie n'est pas aussi répandue (dès lors, on a des maîtresses, pas des co-épouses...).

Les gens du Vatican n'ont pas le monopole des discours qui à défaut d'être criminels, ne sont pas toujours bien pertinents...

J'ai cité le cas des avortements clandestins, faute d'avoir accepté la pilule, en Argentine et au Chili. Ils ont beaucoup tué aussi.

Envoyer les Argentins au casse-pipe face à la redoutable armée à Thatcher, criminel aussi.

Pour l'Islam, continuer à interdire la consommation de viande de porc, prétendue impure, interdiction justifiée par le fait qu'il y a mille ans, le porc était un enthousiaste vecteur de ténia, c'est aussi plonger des populations dans la famine...

bref, qu'on arrête de nous bourrer le mou avec des JT entièrement consacré à l'enterrement du pape, ce n'est plus de l'information mais du bourrage de crâne pur et simple."

Posté par farf à 14:42 - politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mars 2005

Constitution européenne : précision

 

On peut qualifier la révision annoncée et hypothétique du traité Bolkestein de honteuse diversion.

Cette directive est, et ne sera, qu'un ajout susceptible de s'intégrer dans le futur mode de fonctionnement européen.

Il n'en reste pas moins que le traité sur lequel portera le référendum reste d'une totale ineptie et que sous des aspects démocratiques, il va à l'encontre des principes laïques et républicains fondateurs de notre nation. Je vous rassure, je ne suis pas en train de vous faire le couplet "la france aux français", loin de là, n'en reste pas moins :
- que ce traité ne reconnait pas la laïcité
- que le droit des femmes est gentiment omis (pas de mention du droit des femmes à disposer de leur corps, pas de reconnaissance du droit à l'avortement)
- que ce que notre société a mis des décennies à bâtir s'effritera en un rien de temps (aucune reconnaissance du droit au logement, du revenu minimum, ...)
- que la force de frappe sera soumise à l'OTAN (je connais un général qui doit se retourner dans la tombe)
- que les services publics n'y sont pas reconnus et seront soumis à concurrence
- que l'essentiel du traité met l'accent sur un ultra-libéralisme acharné
- et que et que et que ...

Bref, il est bien beau de vouloir créer l'europe mais est-ce que ça doit être à ce prix là ? Ne peut-on pas avoir le choix autrement que sur un référendum dont la question sera tellement alambiquée que les 3/4 des électeurs voteront oui tant ils auront du mal à la comprendre ?

Je reste pour l'europe mais surtout pas celle qu'on nous annonce. Si ça passe, si nous nous engageons sur cette voix, il sera inutile de pester, râler, vitupérer sur notre perte de pouvoir d'achat, la précarité de nos emplois, la course aux profits et tutti quanti parce que la majorité l'aura voulu. Vox populi, vox dei.

Posté par farf à 14:16 - politique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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